partie centrale qui "pousse"
Berne, Lundi 21 février 2011
La campagne de votation 2011 a commencé. Les partis politiques de toutes obédiences annoncent leur programme. Le Forum pour l'intégration des Migrantes et des Migrants (FIMM Suisse), l'organisation faîtière des associations de migrants en Suisse, enjoins les partis à ne pas se définir nettement au dépend des migrants.
La PLR aimerait «gérer pragmatiquement l‘immigration – par amour de la Suisse» pour faire obstacle à une vision paradisiaque de la Suisse où les portes seraient grandes ouvertes à tous. L'UDC annonce son combat contre les faux réfugiés et une invasion et naturalisation massive. Les autres partis également lorgnent sur le courant « étranger » pour acquérir plus de crédibilité dans la politique de l'asile et de la migration. La campagne 2011 est ouverte et une fois encore la question des étrangers servira une interprétation erronée pour acquérir des voix.
De nouveau, ce sont ceux qui n'ont pas voix au chapitre qui ne pourront se défendre : les migrants vivants en Suisse. Durant cette année de votation, ils seront les boucs émissaires face aux problèmes économiques et sociaux. Alors que la Suisse profite, à bien des égards, de ces réfugiés sans lesquels la prospérité actuelle serait à peine concevable.
Les partis politiques veulent, durant cette année de votation, se profiler au dépend des migrants sans présenter de solutions efficaces. Les exigences, toujours plus sévères, pour un droit à l'asile et un droit des étrangers sont encore plus actuelles que jamais bien que ces renforcements n'ont, jusqu'alors, provoqué une réduction du nombre des immigrés. Ce sont surtout les ressortissants des pays du tiers-monde qui seront victimes de cette politique à court terme. Tandis que les frontières s'ouvrent toujours plus largement aux arrivants des pays membres de l'Europe, les obstacles augmentent au même moment, pour les arrivants du reste du monde. Le regroupement familial doit être encore plus difficile. Seuls les ressortissants européens hautement qualifiés peuvent entrer en Suisse. Une telle politique de migration est discriminatoire au plus haut point parce qu'elle classifie les individus en catégories recevable et non recevable et accorde des droits différents.
Le fossé entre pays riches et pauvres ne cesse de croître; crises économiques, catastrophes écologiques, la pénurie de ressources naturelles et les conflits sanglants qui s'ensuivent renforceront à l'avenir, aussi en Suisse, la pression migratoire. La politique de migration et d'asile en Suisse n'est plus adéquate et doit s'adapter aux nouvelles réalités. Le droit d'asile et le droit des étrangers toujours plus répressif, ne peut satisfaire ce changement et doit être vu dans un contexte global compris et engagé vers cet objectif.
Le FIMM Suisse requière les partis de renoncer à des solutions politiques illusoires en matière de migration et d'intégration et de se consacrer à nouveau à la solidarité sociale et l'égalité des chances en Suisse. C'est une préoccupation qui tient à coeur aussi bien aux Suisses qu'aux migrants. Le FIMM Suisse réclame une politique qui respecte juridiquement et constitutionnellement les fondements des droits humains et qui s'appuie sur la solidarité et la réciprocité. En aucun cas, la politique ne doit fonctionner au dépend des minorités. Son but doit être de garantir à tous les mêmes chances d'instruction, de profession, de logement, de salaire, de conditions de travail, de protection face au licenciement, que tous puissent apporter leurs ressources, leurs expériences, à leur façon propre aussi bien que participer politiquement.